Après mes réflexions sur la planification, je me suis rendu compte dans les questions posées par d’autres modélistes sur le différents forums qu’on ne sait pas forcément comment représenter une gare et à quoi faire attention.

Pour répondre à ces interrogations, je vous propose ci-dessous quelques exemples de planifications de gares. Il s’agit de représentations schématiques dont le but est d’aider le modélisme à faire une plan qui imite une certaine réalité. Les gares réelles ont bien sûr chacune leurs caractéristiques qui dépendent de l’exploitation, des besoins de desserte, de la place disponible et de l’histoire.

Comment transcrire ceci en miniature dépendra aussi de la place disponible, des trains à faire circuler, du budget, de l’époque reproduite et des goûts du modéliste. Mais ce que toutes les gares ont en commun, c’est une interface avec la route (ou au minimum un chemin) et la possibilité pour des voyageurs de monter/descendre du train ou de charger/décharger des marchandises.

Commençons par la « gare » la plus simple qui soit, la halte sur une ligne à voie unique:
halte_simple
Il suffit d’un quai (en bleu) aussi long que le plus long des trains qui s’y arrête. Souvent, une telle halte est équipée d’un abri de quai. Les trains qui s’y arrêtent sont normalement uniquement les trains régionaux. Parfois des gares avec des plans de voies plus complexes sont rétrogradées au rang de simple halte par le déferrement des autres voies.

Sur une ligne principale à double voie on a en général un quai de chaque côté et un passage supérieur (PS) ou inférieur (PI) qui relie les deux quais. Dans une gare moderne, on aura en général une rampe en plus d’escaliers afin de permettre l’accès aux personnes à mobilité réduite:

halte_double
Si la route croise le chemin de fer à cet endroit avec un passage à niveau (PN), on en profite alors pour y relier les quais et renoncer ainsi au PS/PI pour les voyageurs:

halte_PN

Une autre variante consiste à n’avoir qu’un seul quai entre les deux voies. C’est une configuration que l’on rencontre plutôt en banlieue sur des réseaux RER:

halte_milieu
Dans ce type de « gare », chaque quai n’a des trains que dans une direction (flêches) et aucune manoeuvre n’est possible. Ce sont en général aussi seulement les trains régionaux qui s’y arrêtent et une telle halte ne dessert que des localités de moindre importance.

Sur une ligne à voie unique, il est souvent nécessaire de prévoir des emplacement où deux trains peuvent se croiser. La halte s’enrichit alors de deux aiguillages et d’une deuxième voie:
croisement_simple

Une telle gare est souvent déjà équipée d’un bâtiment d’accueil des voyageurs (BV). Lorsque les aiguillages ne sont pas télécommandés, il faut en effet du personnel pour exploiter la gare. De ce fait, on renonce parfois au PS/PI et la deuxième voie est atteinte en traversant la première sur autorisation du personnel de gare (le deuxième quai n’a dans ce cas pas d’abri et se situe entre les voies).

Si la ligne est à deux voies, il n’est pas nécessaire de croiser, mais parfois de pouvoir dépasser un train. Sur le schéma ci-dessous, on imagine un train régional qui vient sur la voie 3 (en numérotant les voies à partir du BV), s’y arrête et se fait dépasser par un rapide sur les voies 1 ou 2 (selon le sens de circulation).

croisement_double
Il est à noter que la voie de dépassement se situe parfois entre les deux voies principales. C’est utilisé aussi pour des voies de dépassement fret hors des gares.

Le chemin de fer s’étant développé principalement pour le transport de marchandises, il est plutôt rare de voir des gares sans interface rail/route pour le fret, sauf les gares modernes. Parfois les installations fret sont plus ou moins désaffectées. Le schéma ci-dessous présente une illustration de principe avec une halle marchandises (HM) et des voies pour le chargement/déchargement en plein air. J’ai aussi représenté une voie qui mène à un embranchement particulier. Cela peut être une usine ou un entrepôt (ou autre) plus ou moins éloignés de la gare.
gare_avec_fret
Dans tous les cas, certaines caractéristiques se retrouvent toujours dans ce genre de gare: en particulier, l’accès à la halle marchandise et zone fret ne se fait jamais directement depuis la ligne principale, mais depuis une autre voie. Il faut aussi penser à la possibilité de faire des manoeuvres: contourner le train pour permettre un rebroussement, voie en tiroir suffisamment longue pour permettre le refoulement des wagons sur les voies qui ne sont pas directement accessibles.

Dans l’exemple illustratif, la voie 1 sert à la fois au trafic de marchandises et au dépassement des trains (voir exemple précédent). Suivant le trafic envisagé, il peut être judicieux de prévoir une deuxième voie dédiée (voie 4 en traitillé). Une configuration alternative fréquente consiste à avoir le BV d’un côté de la ligne et la zone fret de l’autre.

Dans les exemples ci-dessous, je garde toujours une zone fret, mais les types de gares peuvent évidemment se combiner.

Les gares servent aussi de bifurcation. Une configuration fréquente et volontiers reproduite en miniature est celle de la ligne principale avec bifurcation vers une ligne secondaire:

gare_avec_ligne_secondaire
Suivant l’époque, une telle gare est équipée d’une remise pour locomotive (R), éventuellement d’une annexe traction, voire d’une plaque tournante à l’époque de la vapeur. Si la ligne secondaire appartient ou appartenait à une compagnie différente de l’exploitant de la ligne principale, il arrive que les voies de la ligne secondaire soient situées de l’autre côté du BV, voire sur la place de la gare. Si la ligne secondaire est à voie étroite, ses installations sont alors totalement dissociées (sauf un éventuel système de chargement sur truck) des voies principales.

Plus difficile à reproduire en modélisme car demandant beaucoup de place, la bifurcation de deux lignes principales. Le premier exemple montre le cas du BV situé entre les deux lignes (comme c’est par exemple le cas à Mouchard). Le deuxième exemple est plus proche de la gare avec bifurcation vers une ligne secondaire. Dans tous les cas, il faut penser au trajet que peuvent effectuer les trains, aux possibilités de croisement/dépassement et à voir si des entrées/sorties simultanées sont possibles.

De telles gares sont souvent équipées d’une annexe traction (AT) plus ou moins grande et éventuellement équipée d’une plaque tournante.

bifurcation_1 bifurcation_2

A ne pas oublier non-plus sur des gares de cette importance la présence d’un ou plusieurs poste d’aiguillage. Ceux-ci doivent se situer à des endroits d’où les aiguilleurs peuvent avoir une bonne vue sur le trafic.

Toutes les gares présentées ci-dessus sont des gares de passage. J’aimerais illustrer encore deux types de gares en cul-de-sac: sur une ligne secondaire et sur ligne principale (avec ligne secondaire en bifurcation):

cul_de_sac_secondaire
La gare secondaire peut disposer d’un plan de voie très simple: à priori une voie qui permet de remettre la locomotive en tête suffit. Souvent ce type de gare est (était) équipée d’une petite annexe traction, d’une remise et de quelques installations marchandises, éventuellement un embranchement particulier. Les amateurs de chemins de fer secondaires reproduisent volontiers ce type de gares sur leur réseaux.

Une gare principale en cul-de-sac nécessite en revanche beaucoup de place. Elle possède toujours un important dépôt et plusieurs voies. Sur le schéma que j’ai dessiné, on voit aussi que j’ai représenté une voie d’attente pour une locomotive qui pourra se remettre en tête du train. En fonction de la place disponible, une telle voie est plutôt orientée dans l’autre sens pour limiter les mouvements de manoeuvre.

cul_de_sac_principal-e1324536753398
Certaines voies sont reliées par des bretelles, mais ce n’est pas la règle. Sur mon schéma, cela concerne les voies qui donnent en direction de la ligne secondaire. Le BV est souvent disposé en tête des voies et une halle recouvre l’ensemble des quais (en pointillé).

Comme ces gares se trouvent souvent au centre des grandes villes, les installations fret sont peu développées ou ont été démantelées au fil du temps.

Il existe bien sûr une infinité de variation dans la manière de planifier sa gare. J’espère que ces quelques exemples pourront aider chacun à trouver la gare qu’il veut et qu’il aura du plaisir avec une exploitation logique de celle-ci.